République du tchad

Capitale:  N'djamena
Population:  9 millions
Langues officielles: l'arabe classique et le français 

  
Principaux groupes ethniques:  arabe tchadien (10,3 %), sara (10,3 %), kanembou (5,3 %), daza (3,8 %), maba (3,4 %), naba (3,2 %), moussei (2,4 %), moundang (2,2 %), peul (1,7 %), marba (1,7 %), massana (1,5 %), kanouri (1,2 %), toubouri (1,2 %), zagawa (1 %)
Principales religions: l'islam et le christianisme

Système politique: Pouvoir presidentiel
Articles constitutionnels (langue): art. 9 de la Constitution du 31 mars 1996
Lois linguistiques: Décret portant organisation de l'enseignement de la langue arabe dans les ordres du premier et du deuxième degré de l'enseignement public  (6 janvier 1962).

Taux d'alphabétisation: 53%

Scolarisation: Les données statistiques du gouvernement révèlent que seulement 49,9 % de jeunes tchadiens inscrits au CEPET décrochent le Certificat, contre seulement 18,9 % le BEPC et 0,5 % entrant à l'université.

42 % des enfants inscrits à l'école primaire n'achèvent pas le cycle élémentaire

 
 
Le Tchad est un très beau pays coloré, situé au centre nord de l’Afrique, s’étend sur une superficie d'à peu près 1 300 000 Km Carrés. Sa population est estimée à plus de neuf millions d’habitants dont 48% auraient moins de 15 ans - en l’occurrence, il est essentiellement raisonnable, dans le cadre de cette analyse, de prendre en considération cet aspect démographique

La nation tchadienne est constituée d’un mélange d’ethnies réparties en plusieurs groupes linguistiques. Environ cent vingt dialectes sont pratiqués dans le pays à nos jours.

Par ailleurs, il existe une langue commune dérivée de l’arabe classique parlée par près de 60% des Tchadiens que nous appellerions, ici dans notre parcours, le «tchadi». Les habitants du Tchad sont tous des croyants et des fervents défenseurs de la foi, cependant, les deux principales religions sont l’islam et le christianisme. Le Tchad est frontalier avec six pays dont deux pays arabes.

En 1900, la France conquit le Tchad, celui-ci devint membre de l’Afrique Française Équatoriale (AFE) en 1910. Dix ans après, la langue française devint la langue officielle au pays. Dans les années qui ont suivi, l’école française institutionnalisée au Tchad et le français fût la seule langue d’apprentissage dans les écoles nationales jusqu’en 1978 date à laquelle la langue arabe classique devint, à son tour, une deuxième langue officielle au pays.

S'agissant des orientations pédagogiques nationales, tous les gouvernements qui se sont succédé au Tchad, sous pressions des agents étrangers, ont prescrit littéralement leurs politiques éducatives sans consultation d'aucune communauté culturelle du pays. Croyant ainsi qu’ils avaient fait des accommodements socioculturels profitables pour leurs peuples. Aujourd'hui, l’état du système de l’éducation publique dans ce pays semble chancelant. Les effets pervers issus du système de l’éducation tchadienne actuel découlent de l’inadéquation des politiques éducatives soumis au peuple par tous les gouvernements. Par ailleurs, toutes les critiques populaires dénonçant cette flagrante inadaptation ont été souvent méprisées voire bâillonnées.

Les gouvernements ont toujours inscrit littéralement leurs politiques éducatives, perçu comme scientifiques et rationnels, dans l’agenda politique national sans examiner les véritables besoins axés sur les valeurs socioculturelles.  Avec près de 65% d'illettrés, la population tchadienne est considérée par nombre de ses élites comme étant inconsciente de son propre sort et incapable de se prendre en main toute seule sans intervention étrangère. Considérant bien sûr, le patent besoin d’aide financière, d’autant plus que l’État demeure constamment déficitaire.

 

Les gouvernements, par l’entremise des certains de leurs dirigeants insoucieux de leur bilan politique et de l'avenir de la patrie, ont toujours asservi le peuple docile au profil de leurs propres intêrets. Ce faisant, toutes leurs pratiques sans évaluations quant aux programmes sociaux en général et celui de l’éducation publique, en particulier, ont conduit définitivement cette dernière dans un cul-de-sac.

 

Faudrait-t-il rappeler qu’une partie importante de la population tchadienne a  tout simplement arrêté de croire aux bienfaits de l'école à cause des mauvais résultats et échecs incessants des élèves-enfants dus à son dysfonctionnement.

 

A cet effet, le principal objectif de "africaction" est, avant tout, de donner des crédits à l’École publique et de rebâtir un lien de confiance entre le peuple et l’Institution maîtresse.

 

Car nous croyons que seule l’école qui oriente notre bien-être et notre civilité dans le bon sens ; Cependant, ne pas faire confiance en elle dans une société, c’est comme ne pas avoir confiance en soi en tant que citoyen au Tchad ou ailleurs. Car c’est toujours l’école qui nous fait espérer, rêver et grandir au sein d’une société.

 

Quant au mécontentement du peuple tchadien vis-à-vis du système de l’éducation nationale, il est incontestablement grandissant et justifié. En l’occurrence, il n’y a plus confiance et on ne croit plus à la fiabilité des gouvernements ni de l’État-providence. Il faut comprendre, par ailleurs, que ne pas croire à un quelconque gouvernement est bien différent au fait de ne pas croire à l’État. Car ce dernier a plus d’impact et par conséquent il pourrait entraîner une récrimination sociale permanente au sein d’une nation polarisée comme celle du Tchad. Cette grogne, à son tour, pourrait engendrer des conflits majeurs qui aboutissent à des guerres civiles que, d’ailleurs, le peuple tchadien a été souvent l’objet.

 

Toutesfois, pour re-construire la structure sociale, économique, politique et culturelle d’une nation diversifiée, dans la paix, l'unité et la prospérité, il faudrait reconsidérer préalablement le système de l’éducation nationale des manières approfondie, renouvellée et adéquate; tous les experts y en conviennent. Dans le même ordre d'idées, pour sortir cette sacrée institution sociale de l’impasse où elle est conicée et enfin promouvoir les pratiques de l'enseignement de base des façons durables au coeur de l'Afrique, nous avons proposé quelques solutions qui ont été approuvées et saluées par des spécialistes.

 

Cependant, nous avons mis l'emphase essentiellement sur la non-maîtrise de la langue d'apprentissage dans l'enseignement de base au Tchad.  

 

D'abord, il faut rappeler qu'usuellement les tchadiens, dans leur quasi totalité, parlent le tchadi  qui est derivé de la langue arabe mais très peu l’arabe classique encore moins le français. Faudrait-il mentionner qu'il y a environ une centaine des langues (patois ou dialecte) encore couramment pratiquée au coeur de l'Afrique. 

 

Parmi toutes ces langues autochtones parlées, aucune n’est dotée d’alphabet vierge. Toutes les langues de ce pays ne sont cependant parlées qu’oralement. On comprendra que cette grande diversité linguistique impose à l’école tchadienne des sérieux problèmes didactiques qui se traduisent par la question suivante :

 

Quelle sera la langue de l’enseignement dans les écoles nationales et comment, d'autant plus que la langue française n 'a pas réussi à éduquer convenablement les élèves-enfants depuis près d'un siécle au Tchad?

 

Nous savons très bien que l’école est une institution sociale mais avant tout, elle est culturelle. C'est un lieu où les adultes transmettent des connaissances et des savoirs aux jeunes d’où l’importance de la maîtrise de la langue de l’enseignement est fondamentalement cruciale. Il existe plusieurs hypothèses scientifiques à cet égard.

 

La langue ne véhicule pas seulement des connaissances ou des techniques aux élèves mais plus encore elle représente la culture de la société. Ce faisant, l’école ne doit pas seulement se centrer sur le perfectionnement de la transmission des sciences et techniques de base elle-même. Bien au contraire, elle doit focaliser, à priori sur la transmission des valeurs culturelles qui se traduisent simplement par la langue. À cet effet, nous avons expliqué et proposé des nouvelles perspectives basées sur la science et qui sont en connivence avec les valeurs culturelles du peuple autochtone.

 

Essayons, tout d'abord, de comprendre le statuquo ; Au delà des difficultés socioculturelles présentes au sein de la société tchadienne, les problèmes majeurs d’ordre social, politique, économique voire naturel sont très complexes. L’État s’étouffe et les véritables contraintes ne cessent de s’intensifier et défavorisant, néanmoins, la révision permanente des politiques sociales en général et celles de l'éducation plus particulièrement.  

 

Les réalités fondamentales de la structure sociale politique et économique du Tchad 

 

Environ 60 % de la population sont analphabètes et seulement 65% des enfants en âge scolaire ont accès à l’enseignement de base en l’an 2004, 30% ont la chance de boire de l'eau potable. Par ailleurs, près de 90% de tous les enfants tchadiens n’ont pas accès aux soins médicaux adéquats, c’est un fait.

 

Le chômage augmente d’année en année avec la faillite de l’État de même que les entreprises privées et semi privées. Le népotisme ronge la fonction publique primant le recrutement des personnes non qualifiées. La rationalisation injustifiée des fonctionnaires de la Fonction publique affecte l’épanouissement des ménages sous les yeux des institutions internationales. L’irrégularité des paiements des salaires des fonctionnaires notamment ceux des enseignants et enseignantes est au plus haut niveau. Ceci engendre des tensions et des batailles syndicales permanentes entre le gouvernement et le corps enseignant. Bref, la structure sociale qui est un préalable à l’unité nationale est presque inexistante. 

 

Les crises politico-militaires endémiques caractérisées par le manque de vision sur les gouvernances des choses publiques continuent à ruiner le Tchad. Elles sont à la base de l’instabilité politique du pays depuis plusieurs décennies. Les conséquences sont, entre autres, destruction des infrastructures socio-économiques, fuite des cerveaux et des capitaux, arrêts des investissements productifs, désorganisation de l’administration publique et baclâge des politiques sociales durables. Le fondement politique demeure encore très fragile et l’avancée récente  vers la démocratie pluraliste et l’État de droit s’avère trébuchante.

 

Cependant, l’économie tchadienne souffre de nombreuse contraintes factuelles. Le pétrole qui est devenu la première recette d’exportation au Tchad devant le coton et la gomme arabique se gère très mal ; La gestion de l’or noir semble catastrophique. Le secteur agricole qui occupe près de 80 % de la population et qui constitue sa principale source de revenue est menacé par la sécheresse. Le coton qui représente la principale source de devises du pays subit les lois fluctuantes des marchés internationaux. Financièrement, le déficit chronique des finances publiques fait que la quai-inexistante épargne nationale ne permet pas au gouvernement de soutenir adéquatement le système de l’éducation nationale.

 

Certaines contraintes nationales se caractérisent essentiellement par l’enclavement du pays. Près d'un tiers du Tchad est couvert du sable, les difficultés dues au manque de transport interne sont énormes. L'insuffisance d’infrastructures routières font que les liaisons entre les différentes régions sont très difficiles. Certaines régions sont coupées du reste du pays durant toute la saison pluvieuse. Cette malheureuse situation pose des sérieux problèmes sur la circulation des biens et des personnes affectant, entre autre, le paiement des salaires du personnel de l’éducation nationale.

 

Toutefois, le manque ou l’insuffisance de financement est sans doute le problème le plus répandu. Le marasme économique et la croissance rapide de la population ont réduit le montant des dépenses totales par élève et cela continue à se détériorer année après année. Ce faisant, de plus en plus le pays voit le nombre de ses enfants croître et de moins en moins le gouvernement investit dans le systeme de l’éducation. Cette condition pose des conséquences dangereuses qui infligent non pas seulement l’école publique mais tout l’avenir de la nation tchadienne toute entière.

 

Les réalités et les conditions de l’enseignement de base 

 

Une étude récente effectuée par GTZ une ONG allemande a révélé que la moitié des élèves étudiaient dans des salles de classe sans fenêtre ni tableau noir et grave encore sans instituteur formé dans une école normale d’instituteur.

 

La qualité de l’enseignement de base est médiocre à cause des enseignants mal formés, souvent sous-rémunérés et moins motivés mais aussi du manque de matériels didactiques. On aperçoit des insuffisances dans le développement des compétences, les systèmes ne privilégiant pas l’acquisition des savoirs. Dans les zones urbaines aux classes surchargées, des enfants sortent de l’école élémentaire après plusieurs années sans savoir lire ni écrire dans leurs langues de formation à savoir le français.

 

La forte pression de la demande d’éducation de base, à cause de l’explosion démographique croissante, a entraîné le développement d’un enseignement général non-encadré. L’insuffisance de personnel enseignant qualifié exige un recrutement des enseignants suppléants sans formation pédagogique. Le soucis primordial de l’État est de permettre aux jeunes enfants d’avoir de la place au sein de l’école pour masquer l’insuffisance de ses politiques éducatives et non de se soucier de l’efficacité du système pédagogique. La suspension de la formation initiale systématique des nouveaux enseignants imposée par les bailleurs de fonds dans le cadre du programme d’ajustement structurel n’a pas amélioré les situations.

 

Le gouvernement du Tchad consacre moins de 2 % de son produit national brut à l'éducation de base. Le budget militaire continue à accaparer la plus grosse part des finances publiques, comparativement aux autres secteurs, en vue d’assurer la sécurité de l’État. Disait-t-il.

 

Les agents internationaux entrent aussi en jeu. Contrairement aux promesses des donateurs, les aides internationales destinés au Tchad ont diminué de près de 1/3 à cause de la mauvaise gestion des acteurs politiques nationaux corrompus qui ne pensent qu’à eux et leurs familles. Le népotisme a infecté le système administratif public et a créé des inégalités abominables entre les citoyens de ce pays.

 

Par ailleurs, le service de la dette a absorbé deux fois plus d’argent public que les investissements dans l’éducation de base, pour chaque dollar investi dans l’éducation le pays en dépense cinq pour les services de la dette. Les programmes d’ajustement structurel des finances publiques, imposés par les bailleurs des fonds, ont lourdement affecté le budget alloué à l’éducation en particulier. L'État tchadien, à l’instar des autres pays africains en développement, s’est trouvé dans une situation pénible faute d’activité économique diversifiée. Tout gouvernement devait ajuster ses dépenses afin de satisfaire aux recommandations proposées par les patrons des programmes du Fonds monétaire international (FMI).

 

Quand les investissements publics s’effondrent, la qualité de l’éducation se détériore, et les frais de scolarité sont assumés par les foyers. En dépit de la pauvreté du peuple et malgré la quote-part considérable de l’aide des donateurs étrangers, les dépenses par foyer atteignent aujourd’hui le cinquième des dépenses totales de l’éducation dans ce pays. C’est pourquoi certaines familles très pauvres avec plusieurs enfants, n’envoient que les enfants de sexe masculin à l’école.

 

La structure administrative du réseau de l’éducation publique au Tchad

 

Comme dans tous les États de la planète, l’éducation publique tchadienne est, bien entendu,  sous tutelle du Ministère de l'Éducation Nationale. Celui-ci comprend plusieurs directions et organes sous son autorité. Parmi les principales on dénombre : La Direction de Cabinet, une Direction générale, plusieurs Directions techniques, quelques établissements affliés et divers organes de consultation et de conseil. Cependant la direction de cabinet est attachée systématiquement au bureau du ministre responsable. Parmi les autres Organes qui lui sont rattachés directement se trouve bien entendu la Commission nationale pour l'UNESCO.

 

Les organisations directrices

 

La direction générale, elle, assure la coordination et la mise en œuvre du programme éducatif à travers les directions techniques et les autres organes qui sont méthodiquement annexés.

Quant à la direction de l’enseignement de base ou de l'enseignement élémentaire (DEE), elle doit remplir les taches suivantes :

 

- La mise en place et le suivi des politiques éducatives en matière d'éducation de base.

- L’organisation, le contrôle pédagogique et l'administration des établissements publics de l'enseignement primaire.

- Elle doit aussi garantir la contribution à la détermination des besoins et plans de formation initiale et continue, notamment celui du personnel enseignant au primaire. Aussi elle doit assurer l'accomplissement de tous les programmes d'enseignement fondamental au sein de la société.

- Elle est sollicitée à la collaboration avec les autres départements impliqués et concernés  par la conception et l'exécution du programme national d'enseignement.

- Elle doit superviser la formation des enseignants et assurer adéquatement les questions didactiques dans les établissements scolaires.

 

La direction de l'alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales, isolée, elle est chargée d’organiser des activités culturelles d'alphabétisation à caractère instructif incorporées au développement socioculturel ainsi qu’à l'éducation continue.

 

- Elle est aussi chargé de soutenir la collaboration étroite avec les inspections de l'enseignement élémentaire en vue d'atteindre la grande masse de la population analphabète.

- Surveiller la conception des matériels didactiques et soutenir les supports pédagogiques nécessaires destinés à l'alphabétisation.

- Coordonner suffisamment toutes les activités culturelles afin de sensibiliser la population à l'instruction de base à savoir « lire et écrire »

- Enfin, promouvoir délicatement et adéquatement les principales langues nationales dans l’ensemble des institutions scolaires.

 

La direction de la Planification de l’éducation, quant à elle, c’est un agencement d'informations, de rationalisations et de prévisions sur la situation présente du système éducatif dans son ensemble. Son mandat est de recueillir méthodologiquement des données fiables afin de les transmettre aux organes concernés. Conjointement, elle devrait se consacrer à d'autres orientations à savoir ; 

- Elle devrait conduire des études statistiques sur la spéculation et le mécanisme du système et assurer la publication périodique des informations scientifiques retenues.

- Elle doit participer à la réflexion permanente sur le système éducatif en fournissant les informations scientifiques permettant la définition, l’élaboration et la mise en œuvre de la politique éducative nationale.

- Offrir minutieusement les outils d'aide à la décision sur l'évolution des organisations culturelles au sein des établissements scolaires et réaliser conjointement des études périodiques sur le rendement du système éducatif afin de déterminer et planifier adéquatement les besoins essentiels au développement du pays.

- Contribuer à l'attribution par la commission nationale des bourses d'études et de stages en proposant des orientations conformes aux besoins exprimés et planifiés en fonction des exigences de développement didactique.

 

La direction de la Formation et de l'Action Pédagogique, celle-ci est une structure d'appui au développement des actions pédagigiques, de formation et d'innovation dans l'enseignement de base - nos recherches visent systématiquement cette direction en l'occurence -  

 

- Elle est chargée, en étroite collaboration avec l'Institut supérieur des sciences de l'éducation, la Direction de l'enseignement élémentaire et du Centre d'appui à la formation et à l'évaluation, à la participation et à la définition, à la mise en place et au suivi de la politique éducative dans le domaine de la formation et de l'innovation pédagogique.

- Elle est en charge d'accommoder, de coordonner et d'organiser en collaboration avec les directions concernées et dans le cadre du plan de développement, l'ensemble des actions de formation initiale et continue des maîtres et maîtresses dans l'enseignement de base.

- Elle doit assurer la conception, l'élaboration et l'expérimentation des programmes scolaires et de formation des enseignants dans les écoles primaires. Garantissant ainsi le contrôle pédagogique, l’orientation et la gestion des écoles normales d’instituteurs et les centres régionaux de formation continue.

- Elle assure la mise au point des méthodologies de formation et développer des techniques d'enseignement et de formation adaptées au nouveau monde et aux réalités du pays.

 

Quant à la Direction des Projets éducation, elle est une organisation d'appui à la conception de la politique éducative du Ministère dans le domaine des investissements. Cependant, elle est chargée d’évaluer les besoins et établir les priorités en matières d'investissement sur financements extérieurs en concertation avec les différents ordres d'enseignement.

 

Les délégations préfectorales attachées au réseau de l’éducation

 

Le Tchad compte 14 préfectures ( territoires), dans chacune d’elle est mise en place cet organe unique chargé de la coordination, de l'animation, de la gestion, du contrôle et de l'évaluation de tous les services du département de l'éducation. Le délégué préfectoral de l'éducation est l'interlocuteur unique du responsable de la préfecture pour toutes les questions relevant de l'éducation. Il a autorité sur l'ensemble des établissements et circonscriptions scolaires, dépendant du Ministère de l'éducation nationale, à l’intérieur de sa préfecture.

 

Les Délégués préfectoraux sont placés sous l’autorité hiérarchique du directeur général de l'éducation nationale. Au niveau de la sous-préfecture, c'est à dire les autres circonscriptions sous autorité de la préfecture, se trouve une inspection de l’enseignement élémentaire, dirigé par un inspecteur. Elle est chargée de l’administration de l’ensemble des écoles primaires et des centres régionaux de formation continue se trouvant dans sa circonscription. Cependant, l’inspecteur est chargé d’assurer l'exécution du programme, du suivi pédagogique et administratif de toutes les écoles locales.

 

Il existe par ailleurs d’autres affiliations indépendantes du ministère mais qui jouent un rôle non-pédagogique essentiel à l’existence même de certains établissements scolaires. Ce sont les associations des parents d’élèves. Leur présence permet d’aider financièrement et matériellement les écoles notamment celles les plus pauvres. Elles prennent en charge certains établissements scolaires jusqu'à l'ordre de 70 % des dépenses sur le fonctionnement. Ces Associations des parents d'élèves sont devenues au cours des années un partenaire indispensable pour le système éducatif du pays.

 

C'est pourquoi ces associations sont désormais organisées officiellement en fédérations et sont consultées par le gouvernement pour toutes les questions importantes concernant l’éducation publique.

 

Les sources de financement du système de l’éducation nationale

 

Les dépenses publiques de l'éducation ont pour source de financement le budget de l'État par l'intermédiaire du Ministère de tutelle. Elles représentent, à posterirori, 21% du budget national. Cependant, il existe plusieurs donateurs, principalement onusiens et occidentaux, qui, dans certaines mesures n'hesitent pas à soutenir ce domaine de l’éducation. Quelques exemples : UNESCO, la France, ACDI etc. Il existe également quelques organisations non gouvernementales (ONG) qui s’impliquent directement et indirectement à l’essor de l’éducation publique du Tchad. En voici quelques unes:

- SECADEV (Secours Catholique pour le Développement) participe à l'alphabétisation et à l'éducation des adultes à travers des Centres des formations créés sur l'ensemble du territoire et contribue par des programmes adaptés au monde rural et à son développement.

- S I L ( Société Internationale de Linguistique ), cette ONG fait des recherches sur les Langues nationales afin de pouvoir alphabétiser potentiellement dans ces Langues vierges et non explorées.

- La banque islamique, elle offre du soutien financier à des écoles, dont l’enseignement pédagogique est dans la langue arabe, en vue de promouvoir stratégiquement la dite langue.

 

Tous les partenaires du système de l’éducatif fonctionnent de manière autonome. Sauf au niveau des programmes précis sur l’enseignement, le ministre de l’éducation national lui-même interviendrait afin d’assurer l’aboutissement de ses propres initiatives. Et lui seul est chargé de la mise en œuvre de la politique générale du gouvernement dans le domaine de l'éducation nationale.

 

Les réelles conditions de l’enseignement de base au Tchad

 

Présentation schématique

 

Matières obligatoires convenues au niveau de l’enseignement national de base (de la 1ère année CP1 à la 6ème année CM2) et le nombres d’heures soumises.

MATIERES

NIVEAUX
CP1/CP2

ET HORAIRE

HEBDOM
CM1/CM2

CE1

CE2

Instruction civique et morale

1 h

1 h

1 h

45 mn

Lecture

8 h

7 h

6 h

4 h

Écriture

3 h

1h 20

1 h

30 mn

Géographie

 

 

1 h

1 h

Histoire

 

 

30 mn

30 mn

Langage

6 h

 

 

 

Langue française

 

5h 30

5h 20

5 h

Langue arabe

4 h

6 h

6 h

6 h

Hygiène et Sc. d'obs.

 

1 h

1 h

1 h

Calcul

3 h

4 h

4 h

5 h

Agriculture/Élevage

 

 

 

2 h

Dessin et tr. manuel

1 h 30

40 mn

40 mn

45 mn

Chant

30 mn

30 mn

30 mn

30 mn

Récitation

30 mn

 

 

 

Exercices physiques

30 mn

30 mn

30mn

30 mn

         

Notons que toutes ces matières sont enseignés en français dès la première année du cours préparatoire. Ce vieux curriculum fut conçu par les colonisateurs, approuvé par les différents gouvernements, depuis l’aube de l’indépendance. Malheureusement, il demeure encore et consiste à transmettre de l’instruction aux petits des gouvernés. Cependant, ce curriculum atypique n’a jamais été conforme aux dispositifs pédagogiques réalistes de la société juvénile ni d’ailleurs au contexte socio-économique et culturel autochtone.

 

Une réalité scolaire inquiétante

 

L’obligation de la scolarisation des enfants n’a jamais été envisagée dans ce pays. Car le Tchad ne dispose pas encore les moyens nécessaires ni les infrastructures essentiels ni encore les ressources humaines suffisantes pour la rendre obligatoire à tous les enfants tchadiens.

 

Le taux de scolarisation est de 40%, la majorité est masculine, les filles représentent 31,6% avec des grandes inégalités dépendamment des régions. Néanmoins, on pourrait dire que ce taux de scolarisation passe à 8,2% au Nord peu peuplé. Tandis qu’il est passé à 115,3% au sud du pays plus peuplé et propice en eau et en agriculture.

 

La durée officielle de l’enseignement primaire est de 6 ans. Par ailleurs, cette durée scolaire est souvent surpassée à cause du nombre percutant de redoublement. Quant à la durée officielle de l’année scolaire, celle-ci dure environs 9 mois à tous les niveaux dans le système éducatif national. L’année académique de l’enseignement de base se prolonge du mois d'octobre au mois de juin, l'année scolaire étant repartie en 3 trimestres. Les enfants de l’école primaire sont soumis à des examens à la fin de chaque trimestre.

 

A l’école primaire, le système adopté pour le passage en classe supérieure est l’examen final celui du dernier trimestre. Cependant, il y a une composition trimestrielle, dans toutes les écoles primaires, qui permet de noter les élèves et de les évaluer. Au cours de l’année scolaire, sont organisées trois compositions. C'est la moyenne des trois examens qui permet, à la direction de l’école, de juger si l'élève peut passer en classe supérieure ou redoubler. Par ailleurs, les renvois définitifs d’élèves d’une école sont très rares en dépit de nombreuses complications envisagées régulièrement par le corps enseignant.

 

Au cours moyen 2iéme année (CM2) autrement dit la 6ème année du primaire, les élèves doivent se préparer pratiquement et psychologiquement, tout le long de l’année, afin de passer un concours d'entrée en 6ième (première année du secondaire) à la fin du dernier trimestre. Et est organisé en même temps un autre examen conduisant à l’obtention d’un Certificat d'Études Primaires (C.E.P.) premier certificat sanctionnant la fin de l’enseignement primaire.

 

Le taux d’abandon au niveau primaire en 1994 - 1995 est de 20.35 % dont 23,6 % pour les filles et 17,1 % pour les garçons. En 2004-2005, le taux d’abandon est aussi inquiétant, il s'affiche au tour des 20,25% dont 17,4% pour les garçons et de 23,1 pour les filles

 

Beaucoup des parents étaient découragés. Certains avaient préféré orienter leurs enfants vers d’autres formes d’instructions formelles ou informelles. D’ailleurs, on voit venir les effets pervers du développement de certaines pratiques d’instructions au pays. D’autres parents beaucoup plus passifs ont piloté leurs petits aux activités socio-économiques.

Malheureusement, on remarque que l’abandon scolaire affecte moins les garçons que les filles. La scolarisation des filles est faible et souvent confrontée à des contraintes sociales assez complexes. Elles sont sollicitées constamment par les obligations familiales et domestiques et quittent l’école prématurément.

 

Ces valeurs culturelles pesant sur les enfants de sexe féminin sont assez visibles dans les communautés musulmanes que chrétiennes. Il y a aussi un nombre important des filles virées de l’école, par leurs parents pour des raisons économiques ou culturelles, en direction des domiciles des nouveaux maris. Par conséquent, dans certaines mesures, on assiste à des mariages précoces dus au manque d’instructions essentielles de base.

 

En ce qui concerne le taux de redoublement, et bien il est de 34,8 % en 1995; Néanmoins, en 2000, ce taux de redoublement dans l’enseignement de base est passé à 35.4%. On enregistre un accroissement alarmant du phénomène.

 

Les redoublements les plus importants observés dans l’enseignement de base, sont inscrits au cours moyen 2eme année (dernière année du primaire). Ces élèves éprouvés sont sur le point de quitter l’école primaire pour un nouveau cycle du secondaire. Le taux de passage de l'enseignement primaire au secondaire 1er cycle est de 52,6 % dont 45,5 % pour les filles.

 

Pénurie réelle des documents scolaires

 

Dans les centres urbains, les documents scolaires notamment les livres dans l’enseignement primaire sont très insuffisants. Cela dit, un livre serait un luxe dans une école rurale. La situation économique est problématique et les conditions financières des parents d’élèves ne leur permettent pas de pouvoir acheter des manuels scolaires pour leurs enfants en raison de leurs prix. Ce faisant, tout le monde doit se contenter de ce qui est  disponible et fourni par l’État en conformité avec ses moyens autrement dit un livre par classe.

 

En schématisant le contexte, on se trouve dans une situation comme celle-ci :

Matières

Nombre d’élèves

Nombre de manuel

Français

67

1

Maths

75 

1

Sciences

100

1

Histoire

450

1

 

En réalité, le nombre d’élèves en âge de scolarisation augmente d’année en année d’une part et d’autre part, on aperçoit un gouvernement qui est à bout de ses souffles puis de plus en plus impuissant et incapable à subvenir aux besoins pressants et aux demandes grandissantes. Sans être alarmiste, la situation de l’éducation est dangereusement catastrophique.

L’avenir de l’école est problématique, en ce qui a trait aux infrastructures scolaires la situation s’avère encore chaotique. Le mobilier scolaire est très insuffisant dans certaines régions et quasiment inexistant dans d’autres. En moyenne 4 élèves par table-banc. C'est pourquoi un grand nombre d'élèves sont assis par terre pour suivre des cours.

Le nombre moyen d’élèves par classe au primaire est de 66,02 avec des disparité de l'ordre de 47 par classe en province dans les zones peu peuplées passant à 150 par classe dans les grands centres urbains. Ce qui détermine les conditions épouvantables de travail des enseignants. Face aux difficultés d’apprentissage particulières de certains élèves qu’endure l’enseignant, s’ajoute un problème d’effectif exorbitant en salle de classe qui pourrait conduire un maître à des problèmes parfois psychologiques.

En outre, non seulement les salles de classes actuelles sont insuffisantes, et ne répondent pas à la demande de plus en plus croissante de scolarisation, mais pire encore elles sont à 70 % construites des matières primitives. Le plus souvent ce sont les parents d'élèves qui se mobilisent en vue de construire des salles de classes archaïques et à refaire chaque année.

 

Les bâtiments en matériaux durables sont nettement insuffisants par rapport au  système éducatif en expansion. Les salles de classe en béton ne représentent que 30% de l'ensemble des salles de classes construites, en général, par les parents d'élèves. Les 70% des salles de classes sont bâties à partir des matières périssables et renouvelables chaque année. Car elles sont abîmées par des intempéries durant les saisons pluvieuses.

 

Aucun établissement scolaire ne dispose pour le moment d’un laboratoire scientifique. L'informatique n'est pas encore introduit dans le système de l’éducation nationale encore moins dans l'enseignement de base et ce n’est même pas envisageable faute de moyen. D'une manière générale, le Système éducatif national souffre des insuffisances généralisées. Celles-ci nuisent manifestement à son développement.

 

La baisse de niveau scolaire et les déperditions constatées actuellement sont les conséquences de ce dénuement du système éducatif Tchadien.

 

Les manuels et fournitures scolaires les plus élémentaires sont entièrement importés, surtout au niveau de l'enseignement primaire grâce à l'appui financier des bailleurs de fonds. Il y a aussi de plus en plus des dons des manuels scolaires. Car il existe abondamment des manuels scolaires usagers dans les pays riches. Ils sont très nécessaires et pourraient être disponibles à acheminer aux intéressés par l’entremise des certains organismes. D’ailleurs, on a enregistré le nombre de manuels à 85 691 en 199O passant à 347 235 en 1994 pour 547 696 élèves dans l’enseignement de base, soit 1 livre pour 1,5 élèves en moyenne dans les écoles publiques. Aujourd’hui en 2005 encore, le nombre de manuels enregistrés n’a pas varié de manière significative.

 

L’école privée au Tchad

 

Le développement des écoles privées et communautaires est encouragé dans de nombreux pays afin de contribuer au développement de la scolarisation tout en limitant les conséquences financières pour le budget des États. L'école privée à but lucratif est faite pour une clientèle aisée avec la volonté d'éviter les mauvaises conditions des établissements publics. Tout comme les autres pays africains, le Tchad mène une réflexion sur le cadre réglementaire du fonctionnement des écoles privées, en vue d’encourager leur développement tout en assurant un contrôle de qualité.

 

Les politiques éducatives tchadiennes à l’endroit de l’école privée ne sont pas souples. L’enseignement privé, placé sous le contrôle du ministère de l’éducation nationale, est dispensé en conformité avec les lois et règlements en vigueur, et avec les dispositions législatives et réglementaires de l’enseignement public.

 

L’enseignement privé au Tchad est réglementé par le Décret n°225/PR. ENC du 4 Octobre 1971 portant réglementation de l’enseignement privé. L’ouverture d’un établissement scolaire privé est soumise à une autorisation accordée par le Ministre de l’éducation nationale. Son inspection et son contrôle administratif que pédagogique sont assurés par les autorités d’inspection et de contrôle de l’instruction publique en collaboration avec les responsables de l’enseignement privé. Les manuels ou ouvrages utilisés sont ceux qui sont en usage dans l’enseignement public.

 

L’autorisation d’ouverture d’un établissement privé n’engage pas l’État sur le plan financier. Aucune subvention sur le budget de l’État n’est accordée pour les dépenses d’investissement et d’équipement. Mais l’État peut affecter des enseignants formés. Cela dit que seuls les chanceux ou les expérimentés qui pourraient être affectés dans ce secteur privé.

 

Le système de l’enseignement informel

 

Au sein de l’éducation nationale, il existe deux perspectives visant à offrir de l’instruction éducative aux intéressés dont la principale est l’enseignement formel tel que régis par le ministère de l’éducation nationale à savoir l’école publique et privée. Quant à la seconde, c’est l’Éducation non formelle qui est un cours d’alphabétisation destiné, d’une part, aux enfants de la rue et à la communauté illettrée. D’autre part, elle est un cours religieux destiné à certains enfants des familles musulmanes traditionnelles et qui sont très perplexes et méfiants par rapport à l’établissement scolaire reconnu. On sait que le Tchad compte 70 % d'analphabètes, dont 90 % pour les femmes.

 

Toutefois, il existe 305 Centres officiels d’Alphabétisation dénombrés dont 75 % sont privés. 419 Animateurs et 15 423 Adultes intéressés. Il n y a pas de programmes communs ou formels cependant ceux qui sont utilisés demeurent expérimentaux et basés sur la vie quotidienne des alphabétisés.

 

Les insuffisances pédagogiques des maîtres

 

L'ENI est la fameuse école où on forme les enseignants qualifiés à dispenser des cours aux enfants dans l’enseignement de base. Cependant, pour être admis dans cette école, les conditions requises sont les suivantes:

 

Pas de limite d’âge, avoir complété la 10éme année d’école ou 4 années d'expériences dans l’enseignement, c’est le cas des enseignants suppléants ceux qui sont sans formation pédagogique. Au Canada, les enseignants autorisés à dispenser les mêmes instructions de base aux enfants de mêmes catégories d’âges que leurs congénères tchadiens, sont des diplômés formés pendant 4 années dans une faculté ou département universitaire.

 

La formation pédagogique des enseignants est déjà ponctuée de stages pratiques. Mais en cours de service, surtout pour l'enseignement primaire, les Conseillers pédagogiques, dans le cadre de la formation continue, organisent régulièrement dans les centres régionaux de formation continue, des stages et des journées pédagogiques en faveurs des enseignants en service.

 

Les matières obligatoires dans les programmes de formation initiale dans l’école normale d'instituteurs (ENI) sont:

 

Français, mathématiques, sciences appliquées, histoire, géographie. Ensuite Pédagogie générale, didactique, psychologie de l’enfant, sociologie de l'éducation, législation, administration, éducation physique et sportive. L’enseignement aux droits de l'homme, l’éducation à l'environnement, l’éducation à la santé sont aussi obligatoires.

 

La qualification des enseignants est insuffisante avec 50,3% des enseignants suppléants sans formation pédagogique minimale. Sans tenir compte des insuffisances d'infrastructures scolaires, de manuels et matériels didactiques. A l’enseignement de base, le nombre des maîtres est 8 905 dont 632 maîtresses. Par contre, seulement 4 752 maîtres ont suivi une formation pédagogique dont 562 enseignantes. Le reste des enseignants est un corps bénévole sans formation appropriée.

 

La formation des maîtres en cours d’exercice n’est pas adaptée au même niveau pédagogique élémentaire ni encore à celui des centres régionaux de formation continue (CRFC). Ces derniers sont mis en place depuis plusieurs années grâce à la volonté des donneurs des fonds. Ils sont au nombre de 34 centres opérationnels et couvrent presque l’ensemble du pays. Leurs objectifs consistent à motiver les apprenants en leur organisant des journées pédagogiques, des mini stages et des véritables suivis sur le terrain.

 

Les conditions de travail des maîtres

 

Les enseignants travaillent dans des conditions épouvantables, les salles de classe sont exorbitantes et seulement 34,7 % des salles sont équipées d’un rudimentaire bureau du maître.

 

Le nombre d’élèves par maître:

 

 

89 / 90

 

91 / 92

 

93 / 94

 

95 / 96

 

97 / 98

 

99 / 00

 

Élèves

 

Maîtres

 

568 630

 

9 126

 

542 405

 

8 905

 

547 696

 

8 826

 

591 496

 

9 395

 

680 909

 

10 151

 

786 537

 

11 641

 

Élèves/ Maîtres

 

62

 

 

61

 

62

 

63

 

67.56

 

68

 

Depuis 1990, le nombre moyen d’élèves pour un maître n’a cessé d’augmenter. En début de période, chaque enseignant avait 62 élèves à encadrer mais les conditions d’encadrement sont devenues de plus en plus difficiles. Et six ans plus tard, on comptait 68 élèves en moyenne pour un enseignant. Mais les conditions d’encadrement de ce genre ne sont pas sans conséquence sur l’acquisition des élèves. Le niveau actuel de surcharge moyen ne peut pas permettre à l’enseignant de surveiller normalement les devoirs et moins encore de corriger régulièrement le cahier de chaque élève-enfant.

 

Les salaires des enseignants subissent la même réglementation que ceux des autres fonctionnaires de la fonction publique ; On pourrait même dire que leur métier est davantage dévalorisé. Par ailleurs, leurs salaires sont nettement inférieurs, à diplôme égal, aux salaires attribués à leurs collègues dans le secteur privé. Toutefois depuis 1995, les enseignants qui ont obtenu un statut particulier avec quelques avantages dont une augmentation salariale de 40 % gagnent pour le moment un salaire supérieur de 10 % par rapport aux autres fonctionnaires, l’augmentation spéciale n’ayant été appliquée qu'à 10 % en fin de compte.

 

Quant à la supervision pédagogique des instituteurs et bien celle-ci est confiée aux inspecteurs de l’enseignement primaire. La formation de ces derniers se concrétise sur place à l’Institut supérieur des Sciences de l’Éducation par voie de concours pour une formation de 2 ans. Ce faisant, ce sont ces inspecteurs qui assurent la supervision des maîtres dans l'ensemble. Les Conseillers pédagogiques de l’enseignement primaire sont formés dans le même établissement sur concours destiné aux instituteurs ayant une expérience d'au moins 4 ans ou aux titulaires d’un diplôme tchadien l’équivalent d’un DES (diplôme d’études secondaire), pour une formation de 2 ans.

 

Il n’y a pas de formation spéciale pour les directeurs des écoles. Ils sont simplement nommés sur des critères aléatoires qui ne sont pas toujours basés sur les compétences.

 

Le système éducatif tchadien représente 40% des effectifs de la Fonction publique mais absorbe seulement 21% du budget national soit 2,9% du PIB. L’intervention du gouvernement dans le système de l’éducation nationale en général est peu sérieuse et en particulier envers les maîtres d’écoles semble très dérisoire. L’État tchadien est l’un des pays les plus mal organisés en matière de l’éducation nationale en Afrique subsaharienne.

 

Les différentes reformes en éducation nationale depuis l'indépendance 

 

Le système éducatif tchadien instrumentalisé, vite fait,  par les colons, loin de la perfection, a subi plusieurs réformes en vue de s’accommoder par rapport à sa clientèle. Il semblait viser principalement à former des individus et les orienter vers la notion de citoyenneté et la mannière de vivre ensemble dans un pays. Hélas, ce système a tout simplement mal fonctionné durant toute son existence et a fini par ne pas remplir ultimement ses fonctions en vue d’atteindre ses objectifs. Échec, bien entendu, qui est attribué à plusieurs facteurs que nous avons expliqué en détail dans notre démarche.

 

Toutefois qu’on remonte l’histoire afin de bien circonscrire les reformes nationales tentées au Tchad depuis l’indépendance à aujourd’hui de même que les aboutissements qu’elles ont produits.

 

Les reformes nationales expérimentées

 

- 1962 – 1966, « tchadisation  et ruralisation » des contenus des enseignements par le remplacement des concepts coloniaux par des concepts nationaux pour adapter la formation aux exigences de développement socio-économique et culturel de la nation : introduction entre autres et à forte dose de l'agriculture et du civisme dans les programmes scolaires;

 

Ordonnance n° 21/66/PR/EN du 17 mai 1966 portant réforme de l'enseignement.

 

- 1972, nouvelle réforme axée cette fois sur les travaux pratiques comme moyen de formation intellectuelle et humaine des enfants. Cette reforme aboutit à la création des écoles pilotes chargées de la mise en application de la réforme qui intègre désormais l'école au centre des intérêts. Un institut national des sciences de l'éducation est créé en 1975 pour la mise en œuvre de la reforme. Cette reforme assigne à l'éducation ce qui suit comme objectif :

 

‘‘Faire acquérir aux individus, aux collectivités nationales et locales des informations, des savoirs, des comportements, des attitudes, des compétences et des valeurs pouvant les rendre capables d'assurer le développement et leur bien-être compte tenu de l'orientation politique et sociale du pays.’’

 

- En 1978, pour des raisons politiques, le bilinguisme est officiel au Tchad par l'admission de la langue arabe classiaque dans certains départements d’État. Par ailleurs, celle-ci  reste inégalitaire vis-à-vis de la lamgue française. Des raisons symboliques, stratégiques et religieuses ont conditionné l’introduction de  l'arabe classique dans l’éducation nationale.

 

En réalité, il aurait été plus approprié que l'État institutionnalise plutôt l'arabe tchadien (le tchadi) en tant que langue officielle, mais manifestement les dirigeants de l'époque ont préféré s'aligner avec les autres États arabes, pour des raisons politiques et économiques, en choisissant l'arabe classique. Le problème c'est que l'arabe classique est totalement secondaire au Tchad, personne ne le parle, comme d’ailleurs il l'est dans la plupart des pays arabophones.

 

Ordonnance n° OO5/PR/CSM/SGG/ du 28 février 1978 portant institution d'un nouveau système d'éducation au Tchad.

 

- De 1982 à 1989, à la reprise des activités après la guerre, l’objectif était de redémarrer le système éducatif détruit par la guerre, rien n'a été réalisé concrètement.

 

- En 1990, les objectifs de la relance étant largement atteints, le gouvernement a fait le diagnostic de la situation générale du pays. De nombreuses insuffisances dans le système éducatif auraient été constatées, en particulier l’inadéquation de la formation avec le marché de l’emploi. Pour pallier ces insuffisances et adapter le système éducatif aux réalités de développement du pays, le Gouvernement a mis en place, avec l’aide des bailleurs de fonds, une Politique éducative intitulée Stratégie d’Éducation et de Formation en adéquation avec l’Emploi (EFE).

 

A cet égard, la nouvelle stratégie de l’Éducation, Formation en liaison avec l’Emploi a été annoncée par la signature d’un Décret présidentiel créant des organes de pilotages de ladite Stratégie.

 

Cette Stratégie visant à promouvoir des techniques afin de favoriser par l’amélioration quantitative et qualitative du système éducatif et de formation à l’horizon 2000 en mettant un accent particulier sur l’éducation de base axée sur l’enseignement technique et la formation professionnelle.

 

Toutefois, il y avait eu d’autres nouvelles orientations et perspectives nationales de 1991 à 2000. Vous allez, cependant, constater par vous-même que toutes ces nouvelles visions n’ont pas empêché la dégradation de la condition d'apprentissage dans l’éducation de base au Tchad.

 

Les nouvelles reformes à l’aube du millénaire qui se traduisent par le Programme d’action de la Stratégie Éducation, Formation en liaison avec l’emploi est mis en avant plan.

 

En 1991, le Gouvernement du Tchad, dans le cadre du Plan d’orientation Le Tchad vers l’an 2000, plan qui inscrit la valorisation du capital humain au premier rang de ses priorités, a présenté aux bailleurs de fonds, au cours d’une table ronde consacrée à l’éducation, un programme stratégique de politique d’éducation et de Formation en adéquation avec l’Emploi.

 

La Stratégie répond à deux orientations fondamentales:

 

10) Une Stratégie à but qualitatif visant l’amélioration du rendement du système scolaire par la revitalisation des structures d'éducation et de formation; et

 

20) Une Stratégie à but quantitatif visant une expansion modérée des effectifs, mais permettant également d’assurer le continuel ajustement de l’accroissement démographique aux réalités économiques et socioculturelles du pays. Les composantes de ce programme d’action sont:

- La formation du personnel enseignant et d'encadrement;

- L’adaptation et l'organisation des programmes d'enseignement;

- La conception et la production de matériels didactiques et de manuels scolaires;

- La mise en place d'infrastructures et d'équipements; et

- Le renforcement des capacités de gestion dans le domaine éducatif.

 

Dans le cadre de la stratégie Éducation Formation en adéquation avec l'Emploi ( EFE) adoptée en 199O et confirmée par les États généraux de l'Éducation tenus en octobre 1994, quelques réformes importantes ont été mises en œuvre. Elles ont pour objectifs d’adapter le système éducatif national aux exigences du développement socio-économique et culturel du Tchad.

 

Ces reformes se caractérisent par leur pertinence par rapport aux réalités du pays, à l’évolution générale du monde et notamment à l’adoption par le Tchad depuis 199O des principes de démocratie et des libertés.

 

La reforme institutionnelle

 

Décentralisation du Ministère de l’Éducation Nationale avec la création en 1991 des Délégations Régionales de l'Éducation Nationale ( DREN) dans les 14 Préfectures du Tchad. Ces Délégations préfectorales créées par la nécessité de déconcentrer le système éducatif national en ayant pour mission de veiller à la bonne application de la politique éducative du Gouvernement au niveau de la région relevant de leur compétence, ainsi elles doivent :

 

- Assurer la coordination, l'animation, la gestion et le contrôle de l'ensemble des structures et activités administratives et pédagogiques.

- Promouvoir la participation  à l'évaluation des actions entreprises dans la Délégation en matière de mise en œuvre de la politique éducative;

- Proposer au Ministre des mesures susceptibles de contribuer à l'amélioration des structures de l'éducation et de la Stratégie éducative en vigueur; et

- Assurer la gestion et le suivi de la carrière du personnel de l'Éducation.

 

La réforme méthodologique

 

- Révision des programmes d’enseignement en cours pour les adapter aux réalités sociales, économiques et culturelles du pays;

- Introduction dans les programmes scolaires d'une manière pluridisciplinaire et transdisciplinaire des innovations telles:

L’éducation environnementale, l'éducation à la vie familiale et en matière de population, l'éducation à la santé, l'éducation à la démocratie et aux droits de l'Homme. Tout ceci est enseigné dans les langues officielles dont leur maîtrise est très élémentaire et dérisoire.

 

En 1993 des États généraux de l'éducation nationale on été organisés par le gouvernement. Ces assises nationales qui rassemblèrent tous ceux qui sont impliqués dans le système éducatif devaient, sur la base de cette nouvelle stratégie, dégager les grandes orientations des politiques éducatives et de formation adaptées aux exigences de développement socio-économique et culturel de la nation et faire des recommandations pertinents au gouvernement, aux acteurs économiques et techniques ainsi qu'à tous les partenaires du système de l'éducation.

 

En 1995 le taux de redoublement est de 34,8%, c’était le taux le plus élevé en Afrique d’où celui d’abandon est de 23,6%.

 

Vu les conditions scolaires, qui perdurent plusieurs années et ne cessent de se détériorer, le gouvernement du Tchad et leurs partenaires internationaux se sont penchés, à nouveau, sur le sujet afin de dégager des nouvelles avenues permettant, tout bonnement, une véritable promotion de l’enseignement de base.

 

Ainsi donc en 1996 plusieurs autres perspectives ont été mises en œuvre. L’accent a été mis en particulier sur les options suivantes :

 

-L’Éducation de Base (Élémentaire et Alphabétisation) sur la formation professionnelle;

-Le renforcement de la politique d’encouragement des initiations communautaires;

-Les efforts particuliers en faveur des zones défavorisées; et

-L’augmentation progressive de la part des dépenses de l’Éducation dans le budget de l’État.

 

En l’an 2000, le taux d’échec dans l’enseignement de base a dépassé celui de 1996. Cela dit, l’état du système de l’éducation de base ne s’améliore pas visiblement 

 

Cinq années plus tard, en 2005 encore dans l’enseignement primaire, les conditions demeurent inchangées voire dégradées. A cet effet, pourrait-on dire qu’une défaillance majeure est imminente dans le système de l’éducation nationale?

L’école tchadienne est-t-elle élitiste?

Que faut-il faire? 

Les solutions : Nous en avons et nous y croyons.